Frères et sœurs, « Soyez saints, car moi, le Seigneur, je suis saint » : ainsi commence l’appel de Dieu dans le Lévitique. Or cette sainteté n’est pas d’abord une idée, mais une manière de vivre. Donc Dieu descend jusqu’à nos gestes concrets : ne pas voler, ne pas mentir, ne pas écraser l’autre, ne pas garder la rancune, mais aimer « comme soi-même ». Autrement dit, la vraie conversion se mesure à la charité, surtout quand elle coûte.
Et justement, dans l’Évangile, Jésus dévoile le critère bouleversant du Jugement : « J’avais faim… j’étais étranger… j’étais nu… malade… en prison… » Et il ajoute l’inouï : « C’est à moi que vous l’avez fait. » Ainsi, le Roi se cache dans la chair blessée du petit, et l’éternité se joue dans une visite, un pain partagé, un pardon donné.
En ce Carême, nous ne jeûnons pas pour paraître, mais pour devenir capables d’aimer. Car le Précieux Sang du Christ, versé pour les pécheurs, crie plus fort que nos duretés : il lave nos mains pour qu’elles se tendent, il attendrit nos cœurs pour qu’ils cessent de juger et commencent à servir. Alors, aujourd’hui, choisissons de voir Jésus en celui qui souffre, et de l’aimer en acte.