Frères et sœurs, Nous voici au cœur des ténèbres. Le Serviteur d’Isaïe nous ouvre déjà la voie : « Je n’ai pas résisté, je ne me suis pas dérobé. » (Is 50,5). Quelle dignité bouleversante ! Celui qui possède « le langage des disciples », c’est-à-dire la Parole vivifiante, choisit librement de se taire devant ses bourreaux. C’est précisément ce silence qui crie le plus fort. Or aujourd’hui, Judas brise ce silence par la pire des paroles : « Est-ce moi, Rabbi ? » (Mt 26,25). Il sait. Jésus sait qu’il sait. Et pourtant, le Seigneur ne le rejette pas — il l’interpelle encore avec douceur. Quel amour insensé ! Ainsi, en ce Mercredi Saint, alors que notre Carême touche à sa fin, laissons-nous traverser par cette question brûlante : suis-je aussi, parfois, Judas ? Car chaque péché livré à la médiocrité, chaque compromis avec le mal, verse à nouveau ce Précieux Sang que Jésus donnera demain, lors de la sainte Cène pour nous. Ce Sang n’est pas une condamnation, c’est une miséricorde offerte jusqu’au bout. Laissons-le couler sur nos blessures. Amen.
Jour 2026-04-01
Liturgie
Chargement…
Homélie
Par Père Joseph Blaise Sipan